Devenir Business Angel en France

Ils sont encore peu nombreux dans l’hexagone. Seuls, ou à plusieurs, les business angels accompagnent la création d’entreprises innovantes en contribuant financièrement à leur développement mais aussi en mettant leur expérience et leurs compétences au service des projets sélectionnés. Gros plan sur ces « investisseurs providentiels » qui recherchent à la fois une nouvelle aventure entrepreneuriale et de possibles plus-values en capital, sans jamais ignorer les risques qu’ils prennent. Comment devenir business angel, réponse…

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L’ange des affaires : une double mission

Le business angel a pour mission première de financer les entreprises en amorçage et à fort potentiel de croissance qui deviendront peut-être les leaders de demain. Il s’agit d’apporter les fonds suffisants requis par l’entrepreneur (généralement entre 100 000 et 700 000 euros) et de prendre ainsi une part minoritaire du capital de l’entreprise. Les business angels se regroupent le plus souvent dans des réseaux associatifs (d’intérêt général) ou des sociétés d’investissement (SIBA).

L’autre mission du business angel est d’accompagner l’entrepreneur en lui apportant son expérience, ses compétences et son réseau. Il lui consacre donc du temps et reste impliqué à chaque étape du développement de l’entreprise.

Qui sont les business angels ?

Ils seraient à ce jour environ 6 000 en France contre 45 000 en Grande-Bretagne et 500 000 aux Etats-Unis (source Business Angels Info). Pour devenir business angel, il faut avant tout être un homme ou une femme d’expérience disposant de liquidités. Ceux-ci investissent le plus souvent dans des secteurs dont ils sont experts (informatique, industrie, santé…). Leurs profils sont variés : chefs d’entreprises, consultants, banquiers, retraités, médecin, chacun investit en fonction de ses capacités (entre 5 000 et 500 000 euros par an généralement).

business angelPlusieurs raisons peuvent pousser un particulier à devenir business angel, il y a bien sûr le goût pour l’aventure humaine et entrepreneuriale, la satisfaction d’aider une entreprise à se créer et à se développer, il y a aussi la recherche de possibles plus-values en capital ainsi que le souhait de diversifier son patrimoine et de bénéficier d’exonérations fiscales.

Parmi les business angels les plus actifs, le fondateur de Free, Xavier Niel, et l’ancien journaliste Jeremie Berrebi : ils ont fondé ensemble en 2010 la holding d’investissement Kima Ventures qui vient en aide entreprises de nouvelles technologies. Le cofondateur de Vente-privée.com, Jacques-Antoine Granjon, investit quant à lui en direct dans de nombreuses start-ups. Le fondateur de Meetic, Marc Simoncini, est également un acteur important de l’investissement dans les entreprises high-tech via le fonds Jaïna Capital. Quant au fondateur de PriceMinister, Pierre Kosciusko-Morizet il soutient massivement les start-ups françaises via son fonds d’investissement ISAI, spécialisé dans le web.

Devenir business angel et rejoindre un réseau

business angel 2016Plusieurs réseaux de business angels se sont formés en France au cours de ces dernières années afin de permettre une démarche d’investissement structurée et à plusieurs. Beaucoup de ces réseaux se sont organisés d’un point de vue sectoriel (digital, santé..) ou géographique (à l’échelle d’une ville, d’un département ou d’une région ).

En Ile-de-France par exemple, on peut citer Investessor qui regroupe 300 membres et a financé plus de 200 projets innovants au cours des 17 dernières années, Les Business Angels des Grandes Ecoles qui réunissent 265 membres et ont investi plus de 18 millions d’euros depuis 2005 dans près de 130 jeunes sociétés innovantes.  Paris Business Angel de son côté réunit plus de 150 membres de la région Parisienne. Depuis sa création en 2004, il a investi 23 millions d’euros dans 175 sociétés.

France Angels est quant à elle chargée de promouvoir tous ces réseaux. Elle en regroupe à ce jour 78 au sein de la Fédération nationale des Business Angels et compte 4 442 membres. Au cours des cinq dernières années, les business angels français ont, selon elle, financé près de 1 500 entreprises pour un montant global de 200 millions d’euros.

Devenir Business Angel: risques et avantages

Les risques

Avant de devenir business angel, il faut bien sûr accepter la part de risque inhérente à ce genre d’investissement. Le particulier doit être bien conscient que le capital investi peut être intégralement perdu. Il ne consacrera donc qu’une petite part de son épargne à des projets de business angel ou bien il répartira son investissement sur plusieurs startups. C’est également le conseil donné par Benjamin Bréhin, délégué général de France Angels, dans une interview en ligne : « Pour minimiser le risque », explique-t-il, « il est conseillé de se constituer un portefeuille assez diversifié et de ne pas investir plus de 5% de son patrimoine financier. »

business angel risqueAutre caractéristique du « non-côté » : il n’existe pas de marché secondaire permettant de revendre ses parts ou actions. Il est donc important de prévoir les conditions de sa sortie dès le départ. Enfin il convient de retenir que l’investissement dans le non-coté suppose un horizon de placement suffisamment long, au moins supérieur à la durée minimum de cinq ans exigée pour bénéficier des avantages fiscaux.

Les avantages fiscaux

L’Etat intervient sous forme d’incitations fiscales pour soutenir l’activité des business angels. Il existe notamment un dispositif appelé « Avantage Madelin » qui prévoit un crédit d’impôt à hauteur de 18% des sommes investies avec un maximum de 20 000 euros pour un célibataire et 40 000 euros pour un couple, à condition de conserver les titres pendant cinq ans. La loi TEPA en faveur du travail, de l’emploi et du pouvoir d’achat a de son côté mis en place un avantage fiscal permettant aux redevables de l’ISF de réduire leur impôt en souscrivant au capital de PME (déduction de 50% de la somme investie) dans la limite annuelle de 45 000 euros.

Les rendements

Les rendements obtenus par les business angels peuvent être très variables. Comme le souligne Philippe Gluntz, le président de France Angels dans une interview accordée aux Echos : « Dans 50% des cas, l’investisseur ne retrouvera pas sa mise, soit parce que la société dans laquelle il a investi a été liquidée, soit parce qu’elle a été revendue à la casse. Dans 30% des cas, le rendement sera de 6% ou 7%, ce qui peut paraître modeste compte tenu du risque pris. Et dans les 20% restants, l’investisseur va récupérer entre 30 et 40 fois sa mise ! ». Il est donc important de bien choisir ses entreprises et d’en avoir plusieurs en portefeuille…

Partenaire particulier cherche TPE/PME particulière

Selon les Echos, les domaines les plus attractifs aujourd’hui lorsque l’on souhaite devenir business angel sont le digital (avec la data et les objets connectés, 51%), la santé et la biotechnologie (14%), les biens de consommation (8%), l’énergie et les “cleantechs” (5%), les services et les transports (6%), l’industrie et la chimie (7%), les médias (3%) et la mode et le luxe (1%). Dans tous les cas, il est important d’avoir une bonne connaissance du secteur dans lequel on s’engage et de bien connaître les mécanismes de l’innovation afin de cerner plus facilement l’intérêt d’un projet. Ne pas se précipiter donc. Mais aussi faire confiance à des services en ligne comme EuroQuity qui se chargent de mettre en relation entreprises et investisseurs en fonction du domaine d’activité, de la zone géographique et du montant investi souhaité. Reste ensuite à aimer le projet, l’équipe qui le soutient, et faire preuve de patience.

Devenir business angel ou acteur du crowdfunding ?

A l’heure où l’on souhaite réorienter son épargne et diversifier ses opportunités de placement en investissant dans une entreprise, il est important de comprendre la différence entre un business angel et un acteur du crowdfunding, car les pratiques de financement qui sont derrière sont loin d’être identiques, tout comme les risques encourus.

Le crowdfunding, tout d’abord, peut apparaitre sous trois formes. Il consiste à solliciter la « foule » via internet dans le but d’obtenir soit un don, soit un prêt, soit des capitaux propres.

business angel franceEn cas d’entrée de capitaux propres, et donc de prise de participation dans une entreprise (crowdequity), la pratique s’apparente alors à celle des business angel : les investisseurs sont à la fois acteurs et co-propriétaires du projet, ils perçoivent une partie des bénéfices et des plus-values réalisées par l’entreprise.

Si l’on s’intéresse maintenant aux plateformes de crowdlendingou prêt participatif, elles peuvent être une alternative intéressante aux réseaux de business angels. Le crowdlending consiste à prêter de l’argent à un porteur de projet et à toucher des bénéfices grâce aux intérêts du prêt. Le risque de ne pas être remboursé existe, mais il est moins élevé que pour le crowdequity : les taux de défaillances des PME seraient en effet de 1 à 2% en cas de prêt et estimé à 50% en cas de prise de participation.

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La performance financière du crowdlending est de ce fait intéressante, avec des taux d’intérêt bruts pouvant varier entre 4 et 12%.

On retiendra toutefois que ces différentes formes de financement ne sont pas forcément concurrentes mais plutôt complémentaires. Une entreprise peut tout à fait envisager de faire appel à plusieurs formes de collecte de fonds. Et un investisseur peut quant à lui combiner différents instruments financiers afin de diversifier son risque.

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