La Fintech vue par les Banques

Les Fintech : un marché en plein boom

LFintech-Banqueses Fintech sont des entreprises utilisant les innovations technologiques dans le secteur de la banque et de la finance (financement d’entreprises, crédit aux entreprises, paiement en ligne, gestion de portefeuille, services bancaires en ligne, etc). Mises sur le devant de la scène suite au succès du crowdfunding après la crise économique de 2008, elles proposent des services financiers entièrement en ligne complémentaires à ceux des banques traditionnelles. Aux Etats-Unis, leur nombre a été multiplié par quatre entre 2013 et 2014. Dans le monde, elles ont financé 15 milliards de dollars en 2014 : c’est cinq fois plus que l’année précédente. En France, alors qu’on comptait seulement 248 entreprises Fintech en 2013, on en dénombrait 1042 en 2014. Les montants investis aux Etats-Unis restent les plus élevés – quasiment 1,4 milliards de dollars levés à New York au premier trimestre 2014 – mais Londres a levé 539 millions de dollars en 2014 et la France, en 4e position, a levée 21 millions de dollars.

Ces acteurs innovants se développent aussi bien dans le paiement (avec Square, valorisée à 6 milliards de dollars), la gestion de budget (avec Linxo et Bankin’) ou le prêt (avec Lending Club, dans le crédit aux particuliers, valorisée à 4 milliards de dollars lors de son entrée en bourse). Leurs forces reposent sur le Big Data, l’analyse prédictive, la gestion des risques et la mobilité.

Le boom de ce marché a poussé les gouvernements à s’y intéresser de plus près. Par exemple, en France, la loi en date du 1er octobre 2014 a défini le cadre du crowdlending et les start-ups françaises ont été reçues à Bercy. En Grande-Bretagne, le maire de Londres, Boris Johnson a présenté ses start-ups à l’Amérique et à l’Asie.

france fintech

L’association France Fintech a d’ailleurs été créée en juin 2015 pour les représenter auprès des pouvoirs publics et des investisseurs. Celle-ci regroupe une quarantaine de start-ups évoluant dans les secteurs de la banque, de l’investissement, de la gestion d’actifs, de l’assurance, du conseil, du financement entreprise et des paiements. On y retrouve des plateformes de crowdlending comme Bolden par exemple, la cagnotte en ligne Leetchi, le service de transfert de fond à l’étranger PayTop, le portefeuille de bitcoin Paymium, ou encore le spécialiste de l’analytique InfoTrie.

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Les banques investissent ou prennent part au capital des Fintech

Si le rapport de force est parfois tendu entre les jeunes acteurs innovants et les banques, ces dernières perçoivent désormais les nouveaux venus comme des opportunités. Leur première réaction est bien souvent d’investir dans ces nouveaux acteurs.

arkea yomoniLe Crédit Mutuel Arkea a ainsi investi dans Yomoni, une start-up qui propose aux particuliers une solution en ligne de gestion d’épargne, lors d’un tour de table à 3,5 millions d’euros. Associé de la banque d’affaires Goldman Sachs, l’investisseur Patrick de Nonneville avait commencé par le crowdlending avant d’entrer dans le capital et le conseil d’administration de Kantox, plateforme permettant aux PME et aux ETI qui exportent d’échanger des devises sans passer par les banques. John Mack, ancien directeur général de Morgan Staney, s’était lui lancé dans le crowdlending dès 2012 en rejoignant le conseil d’administration de Lending Club. bousorama fiduceoLe Crédit Agricole, via sa filiale de gestion Amundi, est rentré au capital d’Anatec, start-up de gestion d’épargne en ligne. En mars 2015, Boursorama a acquis le spécialiste en ligne de la gestion de finances personnelles, Fiduceo, et intègre ses services dans ses offres pour proposer une meilleure expérience client.

Comment penser l’association entre Fintech et banques traditionnelles ?

BBVAInvestir dans les nouveaux acteurs n’est pas la seule opportunité qui se présente aux banques. Il faut aussi penser des modèles d’association en dépassant les questions de concurrence. Ainsi, au-delà de la fusion-acquisition classique pour s’approprier une technologie innovante, ce qu’a fait BBVA en acquérant la banque mobile Simple et le spécialiste du Big Data Madiva, et de la création d’un fonds pour prendre une participation au capital, ce qu’a également fait BBVA en créant un fonds d’investissement de 100 millions d’euros, les banques imaginent de nouveaux modes d’associations.

Ce peut être la création d’un incubateur de start-ups financières en interne. C’est la stratégie adoptée par Barclays à New York et à Londres et par le Crédit Agricole à Paris. Les banques peuvent aussi décider d’encourager « l’intrapreneuriat » et favoriser la culture du numérique et l’innovation ouverte en leur sein. Elles ont également la possibilité de signer des partenariats stratégiques : UBS a ainsi signé un partenariat avec un incubateur suisse-allemand. C’est pour réfléchir à ces nouvelles formes d’associations que s’est tenu le premier « FinTech Connect » à Genève le 4 juin 2015. Il visait à faire découvrir aux acteurs de la finance les innovations des start-ups financières locales. L’événement a permis de développer un certain esprit de coopération entre les deux, et sera reprogrammé à l’automne.

Sous-traitance et complémentarité

credit suisseLes banques traditionnelles peuvent sous-traiter certaines de leurs activités à des start-ups de la finance ou faire évoluer leurs métiers en s’inspirant de leurs innovations. Le Crédit Suisse vient par exemple de lancer une nouvelle banque privée digitale. Les start-ups financières permettent aux banques de comprendre quels produits et services les nouvelles générations « digital natives » attendent. Les banques et les nouveaux acteurs innovants sont d’autant plus complémentaires que ces derniers proposent des services non couverts par les banques et servent un panel de clients intéressés par des conseils financiers mais moins fortunés : ils démocratisent la finance. Les nouveaux venus proposent une expérience client réussie et des outils innovants tandis que les banques assurent cadre réglementaire et sécurité, notamment dans le cas de la gestion de portefeuille. Il est donc envisageable que les banques s’inspirent des procédés de ces nouveaux acteurs ou leur sous-traitent certaines activités, souvent en marque blanche.

apple-pay-23-nouvelles-banques-sajoutent-a-la-longue-liste-de-partenairesLes banques et les entreprises innovantes de la finance sont d’autant plus poussées à travailler ensemble que les grandes plateformes du numérique se lancent également dans le secteur bancaire et financier : Apple a lancé ApplePay, Alibaba a développé AliPay et Google a travaillé sur GoogleWallet. Les « GAFA » (Google, Apple, Facebook, Amazon), dont la progression est rapide et les moyens considérables, inspirent les banques et les poussent à décupler leurs efforts.

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L’exemple de Kantox : plateforme de gestion de devises

Philippe Gelis, co-fondateur et PDG de Kantox, précise que ses relations avec les banques vont certainement s’orienter vers des « collaborations étroites » et pas seulement vers une « concurrence frontale ».

KantoxAlors que les banques proposent un taux de commission de 1 à 3%, Kantox affiche un taux compris entre 0,09% et 0,29%. La start-up lancée en 2011 se vante d’avoir fait économiser à ses 1500 clients près de 20 millions d’euros. C’est une somme déjà conséquente qui échappe aux banques : certains petits acteurs traditionnels pourraient donc décider de sous-traiter leur activité de change à des start-ups comme Kantox.

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