Les FinTech: définition, évolutions, ambitions…

Start up cafeL’expression FinTech combine les termes « finance » et « technologie » : elle désigne une start-up innovante qui utilise la technologie pour repenser les services financiers et bancaires.
Suite à la crise économique de 2008, de nombreux banquiers et traders ont quitté les grands centres financiers de la planète et se sont lancés dans des aventures entrepreneuriales pour repenser le modèle de la finance grâce à l’innovation technologique.

Leur but ? Rendre la finance plus simple et plus accessible, en proposant des services de meilleure qualité et moins coûteux. En dix ans, le secteur bancaire a ainsi connu plus de changements qu’en 200 ans ! Les FinTech se développent en effet dans tous les domaines, de la gestion d’épargne au prêt pour les particuliers, en passant par le financement des entreprises ou le paiement en ligne.

Après avoir bouleversé les secteurs de la musique, de la presse ou du tourisme, les nouvelles technologies semblent donc entraîner une nouvelle révolution, cette fois dans le secteur bancaire et financier.

Les différentes familles de FinTech

La première famille, la plus médiatisée, rassemble les activités de « crowdfunding » ou financement participatif. Via une plateforme dédiée, les particuliers peuvent financer des projets d’entreprise ou de création artistique. Ce financement peut se faire sous forme d’un don (avec ou sans contrepartie matérielle), d’une participation aux fonds propres de la société ou d’un prêt aux PME (crowdlending). C’est le cas de Bolden, plateforme de crédit alternatif qui permet aux particuliers de prêter directement aux PME de leur choix, à des intérêts variant entre 3 et 9%. A titre d’information, la plateforme Funding Circle a elle annoncé avoir prêté 555 millions de Livres Sterling à des PME depuis sa création en 2010, de quoi faire réfléchir.

prêt crowdlendingLe crowdlending c’est aussi le “P2P lending” (prêts de particuliers à particuliers). C’est le cas du site Prosper.com, crée en 2005 en Californie, qui permet aux individus de demander des prêts à la consommation ou de prêter de l’argent sans passer par le canal traditionnel des banques.
Le deuxième groupe se compose des applications mobiles et des plateformes qui permettent de gérer ses activités bancaires, que ce soit la maîtrise de ses dépenses ou ses choix d’investissements. eToro se veut par exemple le premier réseau social de trading, qui permet à ses utilisateurs de suivre et de copier les investissements des autres membres du réseau.

La troisième famille concerne les monnaies virtuelles, dont la plus connue est le système de Bitcoins notamment en vigueur sur le « Deep Web ». Mais des systèmes d’échange monétaire se sont également développés sur le réseau social Facebook, les Facebook Credits, et sur le jeu virtuel Second Life, les Linden Dollars.

Application FintechEnfin, la dernière catégorie concerne le paiement électronique via son smartphone et sur Internet, chez des commerçants ou sur les plateformes de e-commerce. C’est notamment le cas d’un système tel que PayPal, le plus célèbre, qui permet de payer ses achats ou de recevoir de l’argent de façon sécurisée, sans avoir à transmettre ses coordonnées bancaires. Le service Square, disponible aux Etats-Unis, au Japon et au Canada, permet lui de payer ses achats directement avec son smartphone dans les magasins.

Cette liste n’est pas exhaustive et le nombre de FinTech ne cesse d’augmenter et de se développer dans des domaines de plus en plus étendus.

On peut par exemple penser aux français Leetchi (un système de cagnotte en ligne) et et Piggy (qui permet de tenir ses comptes entre amis).

Les FinTech, un secteur en pleine expansion

Tous les secteurs traditionnels ont vu leurs modèles économiques bouleversés par la révolution Internet : après Amazon pour la distribution, Blablacar pour le transport, Uber pour les taxis ou Airbnb pour les locations, c’est au tour du secteur bancaire de se faire challenger par les nouvelles technologies.

London FintechCe phénomène se ressent surtout aux Etats-Unis, suivis par la Grande-Bretagne. New York et la Silicon Valley récoltent environ un tiers des investissements quand l’Europe peine à dépasser la barre des 10%, même si les FinTech de Londres emploient déjà entre 100 000 et 150 000 personnes.

Pour citer un exemple, Yodlee, application d’agrégation des données bancaires, créée aux Etats-Unis en 1999, possède déjà plus de 40 millions de clients et souhaite lever $500 millions à son entrée en bourse.

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Les FinTech en France

Les FinTech, même si elle sont encore peu connues du grand public français, comptent pourtant déjà des acteurs nationaux majeurs. Bankin‘ par exemple, propose une application gratuite permettant de gérer ses comptes. A ce jour, l’application à déjà fait plus d’un million d’adeptes.

La_tour_EiffelMalgré un temps de retard par rapport aux Etats-Unis et au Royaume-Uni (leaders mondiaux sur le marché), le marché des FinTech en France n’en reste pas moins en plein boom. Le groupe AXA l’a d’ailleurs compris et a investi  200 millions d’euros dans un fonds dédié aux startups innovantes de l’AssurTech et de la FinTech.

Quelques exemples de FinTech qui vont faire parler d’elles en 2015 :

Finexkap propose de l’affacturage en ligne. La startup a levé 22,5 millions euros fin 2014 ! Un chiffre qui fait rêver plus d’un entrepreneur.
On peut aussi citer Lydia, solution de paiement par mobile qui a levé 3,6 millions d’euros ou encore Weeleo une FinTech proposant de l’échange de devises entre particuliers. Sans parler des FinTech sur le marché du financement participatif en plein essor en France.

Hervé Schricke, fondateur de XAnge et ancien président de l’Association française des investisseurs pour la croissance : « la proposition de loi relative au financement participatif devrait contribuer largement à encourager cette croissance ».

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La FinTech et les assureurs

La FinTech vient aussi dépoussiérer un autre univers assez proche du secteur bancaire: celui des assureurs. Protégés par une forte réglementation (Solvency II dernièrement) et une certaine philosophie conservatrice, ces institutionnels observent, mi-curieux mi-sceptiques, de nouveaux entrants qui apportent des technologies disruptives et des nouveaux modes de consommation. Cependant, l’innovation digitale a des bénéfices nombreux, avant tout pour l’assureur : dématérialisation de la documentation, diminution des couts de gestion, optimisation de la gestion du risque (grâce au Big Data), nouveaux canaux d’acquisitions, amélioration de la relation client…

Comme les banques, certains assureurs ont réagi et on a pu voir dernièrement l’initiative d’AXA d’allouer 200 millions d’euros un fonds de capital risque pour les technologique de « rupture » ou encore la création d’un incubateur Allianz pour les starts up à Nice. Ces « Insurtechs », à l’instar des banques sont donc plutôt des facilitateurs que des Über en puissance. En revanche, on peut remarquer que certaines de ces starts up peuvent permettre à des assureurs d’aller attaquer de nouveaux marchés. Dernier exemple en date : Réassurez-moi, un courtier d’assurance de prêt digital, qui vient attaquer le monopole bancaire de l’assurance emprunteur en surfant sur la loi Hamon et qui est épaulé par des partenaires comme Generali ou Swiss Life.

La FinTech et les banques

les fintechMême si la FinTech semble a priori concurrencer les banques, le secteur bancaire traditionnel garde une position très largement dominante sur le marché. Si leur place d’intermédiaire est remise en cause par ces nouvelles plateformes qui mettent directement en relation les particuliers entre eux, peu de start-ups FinTech concurrencent réellement les banques. En fait, il s’agit souvent de services complémentaires à l’offre traditionnelle, qui forcent les banques à innover.

Et puisqu’elles proposent des services complémentaires à ceux des banques, certaines start-ups ont attirés l’attention de grands groupes bancaires. Pour profiter de la technologie utilisée par la start-up américaine Simple, la banque BBVA l’a racheté pour $117 millions en mars 2004. En France, BNP Paribas a lancé début 2015 son projet Innov&Connect, tandis que la Société Générale met en place des partenariats avec des start-ups. La Banque Populaire a elle lancé sa plateforme locale de crowdfunding, Proximea, à Nantes.

La FinTech demain

Dans le monde, les investissements dans la FinTech ont triplé entre 2008 et 2014 pour atteindre quasiment $3 milliards, et ils pourraient atteindre $8 milliards en 2018.

Une étude Accenture explique d’ailleurs que depuis 2011, les investissements mondiaux dans la FinTech ont augmenté quatre fois plus vite que ceux dans le capital-risque.

Ce n’est donc qu’une question de temps avant que la FinTech ait révolutionné le secteur bancaire, comme l’ont fait Uber et Airbnb – à condition que les législations lui en laissent la possibilité, un problème que rencontrent aujourd’hui ces deux acteurs majeurs des VTC et du tourisme.

5 commentaires

  1. […] noter que le crowdfunding rassemble l’ensemble des activités de financement participatif, le crowdlending en étant […]

    30 avril 2015
    Répondre
  2. […] Les Fintech sont des entreprises utilisant les innovations technologiques dans le secteur de la banque et de la finance (financement d’entreprises, crédit aux entreprises, paiement en ligne, gestion de portefeuille, services bancaires en ligne, etc). Mises sur le devant de la scène suite au succès du crowdfunding après la crise économique de 2008, elles proposent des services financiers entièrement en ligne complémentaires à ceux des banques traditionnelles. Aux Etats-Unis, leur nombre a été multiplié par quatre entre 2013 et 2014. Dans le monde, elles ont financé 15 milliards de dollars en 2014 : c’est cinq fois plus que l’année précédente. En France, alors qu’on comptait seulement 248 entreprises Fintech en 2013, on en dénombrait 1042 en 2014. Les montants investis aux Etats-Unis restent les plus élevés – quasiment 1,4 milliards de dollars levés à New York au premier trimestre 2014 – mais Londres a levé 539 millions de dollars en 2014 et la France, en 4e position, a levée 21 millions de dollars. […]

    31 juillet 2015
    Répondre

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