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Interview de Clément Coeurdeuil, président et fondateur de Budget Insight, le 100e projet financé sur Bolden

Président de Budget Insight, Clément Coeurdeuil revient sur son financement professionnel

Créée en 2012, Budget Insight permet aux particuliers et aux institutions financières d’améliorer leurs outils de gestion budgétaire. Cette Fintech française a récemment levé des fonds sur Bolden. Les détails de cette expérience, ses axes de développement, favorisés par les lacunes des acteurs classiques… Clément Coeurdeuil nous dit tout.

Rencontre avec un agrégateur de données et de services bancaires.

Bonjour Clément, première question : qui êtes-vous et quelle est la mission de Budget Insight ?

Je m’appelle Clément Coeurdeuil et je suis le co-fondateur et président de Budget Insight, une Fintech que j’ai créée avec mon associé Romain Bignon en 2012, il y a maintenant près de 6 ans. L’idée de Budget Insight est venue du constat que les banquiers pouvaient faire plus pour les particuliers quand il s’agissait de gérer leur argent. On considérait que gérer son argent, surtout si l’on était multibancarisé, était beaucoup trop compliqué : plusieurs sources de données, pas totalement structurées avec un solde et des relevés de comptes pas forcément lisibles… et aucune intelligence sur la donnée !

Injecter de l’intelligence dans les données

Avec Romain nous avons pensé que nous pouvions créer une technologie qui allait collecter cette donnée auprès des établissements bancaires en se connectant à la place du client pour télécharger ses données et venir rendre ces données propres à la consommation, enlever les numéros de cartes et juste exposer le nom de l’entreprise dans laquelle l’individu a dépensé, et y associer une catégorie. L’idée était de simplifier la donnée et la rendre intelligente.Démonstration de l'application mobile de Budget Insight : Budgea

2012 : traction immédiate

En 2012 on a ainsi lancé une application mobile. On a eu assez vite pas mal de traction. On s’est retrouvé avec quelques dizaines de milliers d’utilisateurs mais zéro business model. Lever des fonds à l’époque était un peu compliqué, mais on avait une technologie très appréciée. Les gens adoraient l’application et elle était très bien notée sur les réseaux sociaux et les stores. Nous avions donc la preuve d’une technologie qui fonctionne et qui génère de l’usage.

Le pivot vers le B2B

Parallèlement, on a commencé à être contactés par des sociétés de type Fintech, des experts comptables, des logiciels de gestion d’entreprise… qui nous ont dit que notre technologie était géniale et qu’ils aimeraient l’intégrer dans leurs outils, afin de proposer une nouvelle expérience à leurs clients. C’est devenu notre métier principal aujourd’hui : fournir les technologies d’agrégation financière à des tiers pour leur permettre de créer des expériences clients nouvelles.

Financer sa croissance sans les banques

Vous avez financé le développement de la société sans faire appel à des investisseurs externes : uniquement avec vos fonds propres, vos marges et, quand cela est devenu nécessaire, par du crédit. A cette occasion, vous avez fait appel au prêt participatif (crowdlending) par le biais de la plateforme Bolden.

Quels ont été les enseignements de cette expérience de financement alternatif ?

Nous sommes assez ravis de l’expérience Bolden. Ce qui était particulièrement intéressant pour nous c’était la vitesse d’accès aux fonds ainsi que la dimension “sans garantie”. Cela se paye par un taux un peu supérieur mais étant donné les avantages cités précédemment, l’attrait est énorme, surtout si on a une forte croissance et un business model démontré comme c’était notre cas. Même avec ce taux, j’obtiens une croissance de 100% par an. Du coup la dette est très importante pour nous car elle nous permet de financer notre croissance. Le deuxième intérêt est la possibilité d’impliquer les collaborateurs dans l’aventure, bien que l’entreprise n’avait pas besoin de s’investir dans la levée. Je ne m’en suis pas rendu compte tout de suite mais quand je leur ai dit qu’on faisait un petit prêt sur Bolden à hauteur de 100 000€, intéressant car à 6%, pour eux c’était 6% garantis car ils ont une confiance totale dans le développement de l’entreprise. Si bien qu’une dizaine de collaborateurs a investi.

Le crowdlending est-il d’après vous un bon substitut pour les entrepreneurs français à ces organismes bancaires ?

Je crois personnellement qu’il y a une formidable place à prendre dans le financement des entreprises, surtout des entreprises comme la nôtre, une startup innovante. En ce qui nous concerne, nous avons développé un business model rentable mais nous pensons que nous ne sommes pas les seuls. Il y a des besoins de financement extrêmement importants pour les entreprises aujourd’hui et les particuliers ont l’opportunité d’y participer comme ils ne l’ont jamais fait jusqu’à présent. Les banques doivent certes garantir un taux de défaut maîtrisé mais aujourd’hui on se rend compte qu’on a la capacité de prêter plus à plus de monde, avec un taux supérieur car le risque est plus important. Mais les particuliers sont prêt à investir et des TPE ayant un vrai besoin de financement sont en capacité de rembourser, à condition de leur faire confiance. C’est vrai que la banque n’aime pas se positionner sur ces sujets. Elle est sur du sûr et certain. Elle va vous prêter surtout si vous avez acheté un bien. Elle va hypothéquer ce bien et sera tranquille. Elle va faire beaucoup de marge mais derrière ne va pas dynamiser l’économie et les entreprises qui ont besoin de financement.

Comment réussir une campagne de Crowdlending?

Quels conseils donneriez-vous à un entrepreneur qui entreprend une campagne de crowdlending ?

Avant tout, maîtriser sa dette. Je dirais que le crowdlending est une source de financement formidable. Il faut bien sûr maîtriser son financement et son ratio fond propres / endettement. Ce n’est pas une pompe à argent illimitée. Il faut un bilan comptable qui permette de gérer ça. Mais c’est un outil formidable. L’equity, il n’y en a que 100%. À chaque fois qu’on en donne, on l’a perdu pour toujours. Alors que la dette, lorsqu’on a fini de rembourser, on nous fait davantage confiance. C’est un phénomène formidable. Si on arrive à driver de la croissance et du chiffre d’affaires, alors il ne faut absolument pas hésiter, il faut prendre de la dette. Il faut structurer son bilan pour profiter de ce formidable effet de levier qu’on peut avoir. Et que les banquiers auront beaucoup de mal à donner puisqu’ils n’ont pas la capacité d’analyse des business comme les nôtres. Ce que des Fintech comme Bolden possèdent.

Il n’est pas nécessaire de s’investir dans la campagne, car Bolden garantit le montant levé grâce à sa communauté de prêteurs particuliers et institutionnels. Mais on peut tirer des bénéfices inattendus en impliquant son entourage. Faire participer ses collaborateurs et proches, c’est un moyen de les faire contribuer à l’aventure sans montage financier compliqué… Nous avons reçu un accueil très enthousiaste lorsque nous avons commencé et ce fut très encourageant !

Naissance d’une collaboration fructueuse

Vous avez développé à travers le temps une relation avec Bolden qui opère dans les deux sens : vous fournissez aujourd’hui à Bolden une solution qui facilite les demandes d’emprunt sur leur site internet. Est-ce que vous pouvez nous expliquer en quoi consiste ce système ?

Ce qu’on fait avec Bolden est passionnant. Cela rejoint notre idée initiale de faciliter l’accès et l’utilisation de l’argent. Aujourd’hui on trouve anormal qu’avec les technologies digitales ce soit compliqué d’accéder au financement : il faut encore trop souvent envoyer des tonnes de pièces justificatives, qui doivent toutes être traitées à la main et ensuite il faut attendre. Parfois assez longtemps… même si l’on est un excellent client, avec des moyens et la volonté d’accéder au service ! Alors que pendant ce temps, le fournisseur du service est en capacité technique de fournir l’argent très rapidement ! Donc c’est tout ce temps-là, extrêmement long, manuel et coûteux que le digital peut révolutionner.

Avec Bolden, l’objectif était de fournir un moyen d’accéder rapidement à la donnée financière, de façon fiable – en utilisant la technologie Budget Insight pour récupérer les derniers relevés – et avec pour seul effort du client de taper ses identifiants bancaires. Grâce à cette donnée on récupère l’IBAN, la liste de ses derniers relevés et le nom de son entreprise. Donc Bolden a ainsi une garantie de la qualité de la donnée et peut travailler ses modèles sur ces bases afin de donner une réponse beaucoup plus rapide par rapport aux démarches manuelles. L’idée est de gagner du temps dans la réception de l’information et de faire gagner du temps à l’utilisateur.

Budgea sur Bolden - Choix Banque

La sécurité des données utilisateurs : un axe stratégique

S’agissant d’usages nouveaux, vous arrive-t-il de rencontrer des résistances à l’adoption de la part des utilisateurs, notamment sur le sujet de la sécurité des données ?

La sécurité est fondamentale car elle est à l’origine de la confiance, sans laquelle il n’y a pas de services financiers. C’est un axe stratégique des entreprises qui font de la gestion des données financières. Mais en même temps, la sécurité c’est plus une commodité qu’une véritable barrière à l’entrée. Il faut aller beaucoup plus loin. L’utilisateur attend plus, il attend du service. Le reproche que je fais aux établissements historiques c’est qu’ils érigent la sécurité comme un pilier absolu, une barrière à l’entrée, un service pour les clients. Non, la sécurité c’est le minimum qu’il faut faire.

Mais ce n’est pas suffisant. La sécurité peut être une barrière dans le sens où il faut des investissements, des infrastructures, des gens formés et une culture d’entreprise liée à la sécurité. Derrière, il faut aussi créer de la valeur. La sécurité est trop souvent une barrière à l’innovation, à la création de valeur pour le client et à de nouveaux entrants. Alors qu’en soi elle est maîtrisée, gérée. La bonne sécurité est beaucoup plus un management des risques.

Génération DSP2

Nous allons conclure cet entretien en faisant un zoom arrière sur le secteur et sur ces contraintes réglementaires. Vous avez participé au manifeste pour la sauvegarde de l’esprit de la directive DSP2. Est-ce que vous voyez sur la base de cette directive des opportunités de développement technologique, commercial ou fonctionnel ?

Plus que largement puisque Budget Insight est en réalité un enfant de la DSP2. La DSP2 a été créée pour encadrer les usages qu’on a initiés avec nos technologies. Il y a un adage que j’aime bien c’est “l’usage précède le droit”. On est exactement dans ce cas-là. La DSP2 a été créée pour nous. C’est plus qu’une opportunité, c’est un aval par la Communauté Européenne des usages et de la concurrence que nos technologies peuvent développer auprès des établissements historiques. Cela a été extrêmement polémique car les banquiers aiment bien leur situation et n’ont pas envie qu’elle change.

C’est vrai que des technologies comme les nôtres amènent un changement structurel majeur dans la désintermédiation de la relation bancaire. Cela les a beaucoup secoué. Mais la transformation digitale, c’est le sens de l’histoire. Le digital est en train de tout transformer en profondeur, de secouer la chaîne de valeur, de la casser en morceau, et de repositionner des acteurs historiques. Et la finance allait forcément être impactée. Je pense que les banquiers vont finir par s’y faire. Ce n’est pas facile de remettre en cause un système traditionnel et leur positionnement historique bien ancré dans l’environnement financier.  Mais ils commencent à le prendre en compte et à se dire qu’au-delà d’être un obstacle à leur croissance et développement, nous pouvons être un formidable levier. On peut leur permettre de prendre des positions dans la transition digitale plutôt que de la subir. Et ça commence à faire son chemin. C’est pour ça que l’on a de plus en plus de clients banquiers, et on en est ravis ! C’est le changement réglementaire DSP2 qui les a amenés à revoir leur position. C’est un changement de paradigme car les banques se demandent d’abord “Est-ce que je peux le faire ?” et ensuite “Quelle valeur j’apporte au client ?” alors que pour ma part, je fais le raisonnement inverse.

Les banques traditionnelles sont-elles adaptées aux enjeux des nouvelles entreprises ? Entre le financement compliqué de l’immatériel, le manque de flexibilité… rien n’est moins sûr. Il semblerait néanmoins idéal que les nouveaux acteurs collaborent afin d’assurer un financement optimal de l’économie, comme c’est le cas pour… Budget Insight.  

Propos recueillis par Fin-track et l’équipe de Bolden dans les locaux de Budget Insight à Paris en février 2018.

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