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france tissu economiqueLa France est fière de ses grandes entreprises : les sociétés du CAC40 et du CAC Next 20 font partie des leaders mondiaux de leurs secteurs d’activité, ont un poids non négligeable dans le PIB national, présentent d’impressionnantes capitalisations boursières et disposent d’une capacité d’innovation précieuse et reconnue. Cependant leur impact médiatique efface trop souvent l’importance des petites et moyennes entreprises (ci-après « PME ») et des micro-entreprises (ou très petites entreprises, ci-après « TPE ») dans le tissu économique français. En effet, que l’on regarde leur nombre, leur part dans l’emploi salarié, dans la valeur ajoutée créée en France ou encore dans l’effort de recherche et d’innovation, ces entreprises constituent le cœur du tissu économique français.

Définitions

Précisons d’abord la typologie des tailles d’entreprises ; les statistiques publiées depuis 2008 retiennent la classification suivante, définie par la loi de modernisation de l’économie :

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LME classification

Démographie, emploi, valeur ajoutée

L’importance des TPE et PME apparaît dès l’étude de leur démographie. En effet, la France compte :

  • 3 milpme francelions de micro-entreprises
  • 137 500 PME (hors micro-entreprises)
  • 4 960 entreprises de taille intermédiaires
  • 243 grandes entreprises

Ainsi TPE et PME représentent 99 % des entités légales françaises. La répartition en matière d’emploi, plus équilibrée, met également en évidence la place prépondérante de ces entreprises. Sur un total de 14 million de salariés en France, les PME (y compris micro-entreprises) en emploient 49%, avec ETI et grandes entreprises représentant respectivement 23 % et 27 % de l’effectif salarié.

Un autre indicateur évocateur du rôle joué par les petites et moyennes entreprises est leur part de la valeur ajoutée par le tissu productif français : 21 % pour les TPE et 23 % pour le PME, ETI et grandes entreprises se partageant les 56 % restants.*

*Source Insee : Les catégories d’entreprise en France : de la microentreprise à la grande entreprise

distribution entreprise francaise (1)legende

 

PME et innovation

Si les micro-entreprises sont généralement trop petites pour affecter des salariés à des activités de recherche et développement (ci-après « R&D »), les PME sont quant à elles championnes françaises de l’innovation. En effet 9 sur 10 des entreprises engagées dans des activités de R&D ont moins de 250 salariés, et les PME à elles seules emploient 31 % du personnel français de R&D. Phénomène encore plus remarquable : les PME françaises sont celles qui, en Europe, ont le plus fortement augmenté leurs dépenses de R&D pendant la crise économique (+38 % entre 2007 et 2011). Une cartographie réalisée par Bpifrance montre que sur un panel de 11 000 entreprises qualifiées d’innovantes**, 43 % sont des micro-entreprises, 49 % des PME et 8 % des ETI. En réalité, à l’échelle nationale, cela ne représente que 0,2% des TPE, 4% des PME et 18% des ETI.

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**sont considérées innovantes les entreprises ayant déposé au moins un brevet durant les deux derniers exercices, ou ayant été investies ou subventionnées par Bpifrance ou par un Fond Commun de Placement dans l’Innovation durant les trois derniers exercices. Un total de 11 000 entreprises correspondent ainsi à cette définition en 2013. Les grandes entreprises sont exclues de l’étude.

panel entreprise

repartition des depenses

La proportion de micro-entreprises innovantes est particulièrement faible, mais s’explique par plusieurs éléments :

  • Le premier est qu’elles sont majoritairement présentes dans des secteurs où l’innovation est un enjeu moindre (bâtiment, commerce, services) et que leur taille ne permet que rarement d’affecter des salariés aux activités de recherche et développement.
  • Le second tient dans l’âge des micro-entreprises innovantes : alors que les PME et les ETI qui innovent ont respectivement un âge médian de 24 et 32 ans, la micro-entreprise type a 5 ans d’existence. Il s’agit donc en grande partie d’entreprises à forte croissance, qui sortent rapidement de la typologie TPE – un vivier de « start-ups » à haut potentiel.
  • Enfin innovation rime avec recherche de fonds. La problématique du financement est inévitable, et de nombreux acteurs – notamment bancaires – sont généralement peu disposés à injecter de l’argent dans des projets qui ne génèrent pas à court terme des ventes supplémentaires lorsqu’ils sont portés par de petites structures.

Quant aux PME et ETI innovantes, il convient de ne pas être injuste dans l’interprétation des chiffres. N’avoir que 4 % des PME françaises qui innovent, c’est peu. Cependant les dépenses annuelles de recherche et développement engagées par les PME françaises (innovantes au sens de Bpifrance ou non) représentent 7,1 milliard d’euros, c’est-à-dire près d’un quart des dépenses de R&D engagées par l’ensemble des entreprises. Ajouté à l’effort de recherche des ETI, chiffré à 12,5 milliard d’euros, cela dépasse de beaucoup les dépenses des grandes entreprises (10,5 milliards d’euros).

Il est important de garder à l’esprit la place prépondérante qu’occupent TPE et PME en France, et d’être fier du fort tissu entrepreneurial dont nous disposons. Ces seuls chiffres le montrent, alors qu’ils ne tiennent pas compte d’une multitude d’autres facteurs qui rendent ces sociétés particulièrement attractives : culture d’entreprise plus humaine, rapports internes moins hiérarchiques, agilité et dynamisme des structures.

 

Sources : Bolden, Bpifrance, INSEE/ Données 2011 et 2012, hors activités financières et assurances.

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